Dernière version

A la belle étoile

Je suis dans mon sac de couchage. Le sol est dur et mon corps cherche ses marques pour épouser la terre. Dans le pré voisin un renard fait sa tournée et un chevreuil broute tranquillement le long de la lisière. Ils ne me voient pas, je fais partie du décor.

Tout est en place pour le spectacle. Le ciel commence à se colorer au dessus des crêtes du Jura. Jaune soufre d’abord. Après le coucher, les rouges s’installent progressivement jusqu’au brasier final.

La nuit tombe. De longs silences entrecoupés de bruits insolites. Je regarde les étoiles et m’endors.

La Pulsatille du printemps

Un champ de neige à environ 2’000 m d’altitude. Dans ce champ d’une blancheur uniforme, quelques monticules déneigés, comme des ilots de végétation renaissante.

C’est sur ces ilots rocailleux que fleurit la Pulsatille du printemps. La fleur blanche est lavée de bleu et de mauve. Toute la plante est couverte de poils soyeux. Cette pilosité dense protège la Pulsatille des changements de température extrêmes qui règnent au début du printemps à cette altitude.

La Pulsatille du printemps est l’un des nombreux joyaux de notre flore alpine.

Le Silence

C’était un après-midi d’arrière automne au dessus de Combi tout au fond du Breccaschlund. Assis sur une pierre, j’étais complétement enveloppé d’un brouillard épais, ouaté. Le dernier bruit perçu était le battement d’aile d’un oiseau désorienté. Puis plus rien. Le silence absolu.

Difficile de décrire ces moments de solitude silencieuse. Un sentiment d’abandon qui s’est lentement transformé en un bien-être jubilatoire.

Depuis, le chant du silence réparateur d’âme m’obsède. Mon tableau est un hommage à ces instants inoubliables.

Le Silence, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p. Echarlens

Karl Inglin, Le Silence, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p Echarlens

 

 

 

 

Drôle de printemps

J’avais prévu d’aller passer une nuit à Ober Maggenberg début mai. C’est raté. Les nuits sont encore trop fraiches. L’autre matin en arrivant, les champs étaient couverts d’une fine couche de gelée et une brume automnale montait de la Singine. Beau spectacle frisquet.

Puis le printemps a repris ses droits et j’ai eu le plaisir de rencontrer un magnifique Lièvre.

 

La Renardière

La tanière de Maître Goupil se trouve au milieu d’une pente boisée qui domine un chemin forestier. Je suis souvent passé à cet endroit sans rien remarquer. C’est à la fin du mois d’avril que j’ai vu pour la première fois le renard. Il était couché devant sa tanière. Je suis resté un bon moment à l’observer, à lui parler en espérant qu’il bouge un peu. Il n’a pas bronché comme si il voulait me signifier qu’il n’y avait rien d’autre à voir et que pour le spectacle il fallait repasser. C’est ce que j’ai fait vendredi dernier.

A peine arrivé à l’endroit, trois renardeaux sont sortis de la tanière pour rejoindre la place de jeux, un petit replat, qui se trouve à proximité et j’ai eu droit à un long moment de spectacle, de joutes joyeuses et de tendresse. J’ai beaucoup ris et même versé quelques larmes. Puis, fin de récréation, les Goupillons sont rentrés sagement au bercail.

Merci Maître Goupil!

Zone de rencontre

L’endroit où je me balade est une zone de rencontre entre deux mondes bien distincts. Sur un côté les terres agricoles bien ordonnées, prairies, champs cultivés et vergers, de l’autre le ravin profond et abrupt de la Singine, chaos naturel inaccessible.

Entre ces deux paysages antagonistes se trouve une bande mixte formée de haies, prés, buissons et forêts. Pour le promeneur silencieux c’est un terrain d’observation d’une richesse insoupçonnée.

A chacun de mes passages je fais de nouvelles découvertes et des rencontres que je vis comme autant de petites aventures.

Les terres agricoles

Au bord du ravin

Ciel, une araignée!

Partie de cache-cache en forêt

Cresson des prés

Machaon, un vitrail volant

Le repos de Maître Goupil

 

Ober Maggenberg

Depuis le début de l’année j’arpente régulièrement une région que j’appelle Ober Maggenberg à cause de la présence des ruines d’un château fort du même nom.

La région surplombe le lit de la Singine, très profond à cet endroit, et s’étend de Wilersguet (Alterswil) au Schwenihubel (St. Antoni). Vers Wilersguet un sentier étroit mène au bord de la Singine.

Le but de ces balades est de faire connaissance avec la flore et la faune mais également avec les habitants.

J’ai déjà fait quelques belles rencontres. J’ai trouvé plusieurs stations de Jonquilles sauvages et fait la connaissance de Alfons, un vieux paysan qui aime raconter son pays.

Brocard

Écureuil

Geai des chênes

Chamois

Mésange à longue queue

Anémone des bois

Bois gentil

Jonquilles

Hépatique à trois lobes

Primevère élevée