Dernière version

Juste une saxifrage pour la route

Des chamois se prélassent à l’ombre de la falaise abrupte. Les petits s’amusent sur un névé. Poursuites, sauts, cabrioles acrobatiques. Se muscler en jouant. Parfois la chute d’une pierre crée un mouvement de fuite et dérange l’idylle pour quelques instants.

Le faucon crécerelle tourne ses rondes dans le ciel bleu immaculé. Un rougequeue noir s’offre une pause sur la pointe d’un sapelot biscornu.

Soudain le corps svelte d’une hermine. Impossible de suivre sa course effrénée en zigzag. Elle disparait pour réapparaitre où l’on se s’y attend pas. Petit jeu de devinette.

Le bois gentil en fleur dégage son parfum obsédant. Au loin le chant du coucou, parfois le sifflement aigu d’une marmotte. Sinon le silence.

Une longue après-midi à ne rien faire. Juste la joie de voir vivre le Grand Pierrier, mon reg à moi. En partant, une saxifrage musquée pour la route.

Le Grand Pierrier, 23 juin 2019

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La vengeance de la grenouille

Le soleil venait de se coucher, spectacle son et lumière. Au loin un cor des Alpes avait joué le Ranz des vaches pour accompagner la disparition de l’astre. Dernier carré de chocolat, dernière clope et dernières gorgées de vin rouge. Les yeux fermés, je repassais les images marquantes de la journée. Le rut des crapauds dans la gouille, la découverte d’une magnifique saxifrage en pleine floraison et la course poursuite des deux chamois dans le pierrier.

Quelque chose me tombe sur la tête. J’ouvre les yeux. Une petite grenouille se trouve sur mon coussin improvisé. Une petite tape sous le coussin pour faire fuir la visiteuse indésirée.

Quelques instants plus tard rebelote. Le même batracien au même endroit. Cette fois la tape est plus forte. C’était peut-être une princesse ensorcelée. Trop tard, je m’endort.

Durant la nuit, la grenouille courroucée se rend chez Ondine la nymphe pour se plaindre de mes manières inhospitalières en lui demandant de me punir.

La vengeance me tombe dessus à l’aube. Une averse nourrie me réveille. J’improvise une protection. Heureusement que cela ne dure pas trop. Le sac de couchage a tenu le coup et grâce au vent, tout sèche avant la venue du soleil.

Petsernetse 17 et 18 juin 2019

Le coucher du soleil

La partouze des crapauds en rut

La Saxifrage à feuilles opposées

La détente athlétique du chamois en fuite

Le ciel après l’averse

Stop

Pour m’éviter certaines longues marches d’approche sur des routes goudronnées, je fait du stop. Cela fonctionne parfaitement. En principe, la première voiture s’arrête. Il faut croire qu’un vieux con chargé d’un grand sac à dos suscite la compassion.
Cette pratique me permets souvent de faire de belles rencontres avec des gens de la région. Par exemple une inséminatrice qui m’explique les ficelles de son métier ou un membre du club alpin qui m’indique quelques endroits a ne pas manquer lors de ma balade.
En remerciement je leur offre ce brin de Bois gentil.

Cartes postales

Montrer les fleurs et les paysages alpins qui les hébergent, un peu à la manière d’une carte postale que l’on enverrait à un ami. L’idée m’est venue cet hiver en mettant de l’ordre dans mes très nombreuses photos de fleurs.

Chaque fois que l’occasion se présentera, j’ajouterai une image à ma collection. Ce n’est pas toujours évident. L’autre jour j’ai crapahuté un bon moment pour faire la photo des Narcisses et de la Dent de Lys. Je la voulais absolument.

Peut-être que je le fait pour mes vieux jours, pour me souvenir de mes balades quand je serai vraiment vieux ou pourquoi pas un livre. Peut-être…

L’oiseau mort

On creusait une tombe profonde avec nos petites pelles, on bricolait une croix avec deux bâtons et un bout de ficelle. Puis on célébrait les obsèques de l’oiseau. Moments recueillis et solennels qui se terminaient toujours dans la joie.

Souvenirs d’enfance.

Naissance d’un jour

« Dans les montagnes, les vastes étendues de purs violets et mauves apparaissent dans le lointain… Celui qui n’a jamais vu la couleur rose des rayons de l’aube passant dessus d’une montagne ne peut avoir la moindre idée de ce que signifie la tendresse d’une couleur… »

John Ruskin, 1856

Fochsen, 30 août 2017 entre 05.20h et 05.25h

Petite balade printnanière

Le Palatinat et Grandfey. Des endroits que je visitait fréquemment à l’époque de Pif le chien. Lui aimait la profusion de bâtons et moi celle des fleurs. J’ai constaté, une fois de plus, avec quelle brutalité l’humain intervient dans ce qu’il appelle l’environnement. D’une orée de forêt constituée d’un grand nombre de buissons, entre autres des noisetiers, églantiers, prunelliers et même de la belladone (que l’on rencontre rarement), il ne reste plus rien. Ratiboisée. Dans la forêt, une coupe rase favorise l’expansion de la buddleia de David, une plante invasive qui prend la place de la végétation indigène. J’ai tout de même retrouvé quelques fleurs. Maigre  consolation.

Perce-neige

Véronique de Perse

Eranthe d’hiver

Hellébore fétide

Hépatique à trois lobes

Tussilage