Dernière version

Couleurs de novembre

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Ernst

Quand il était enfant, Ernst marchait plus de deux heures pour se rendre à l’école du village. Les gens se moquaient de lui en lui disant qu’il habitait le trou du cul du monde.

Ernst est paysan. Après m’avoir vu à plusieurs reprises rôder sur ses terres, il a voulu connaître le pourquoi de mes présences régulières. Depuis nous sommes copains.

Quand il me parle de son pays qu’il aime profondément, il utilise des mots simples, précis. J’aime ce langage sobre mais imagé utilisé par les gens qui travaillent la terre.

L’autre jour nous avons parlé de la parure automnale des arbres et de cette multitude de verts qui colorent encore les prairies à cette saison tardive.

Ainsi, à chaque rencontre, ses histoires ou remarques s’ajoutent à mes propres observations et par petites touches je fais mien le terroir de Ernst. Grâce à lui j’aime de plus en plus mes voyages au trou du cul du monde. Merci Ernst !

L’heure bleue

La nuit escalade le vallon,
Paquebot bleu dans une mer de brume,
Instant suspendu entre rêve et réalité.

La Dent de Folliéran.

Karl Inglin, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p. Fribourg

Karl Inglin, Dent de Folliéran, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p. Fribourg

La révolte des chaussures de marche

Au bout de 44 jours d’inactivité, mes souliers de marche ont commencé a protester et se lamenter. Petits cris à peine audibles au début, puis crescendo. Grincements de cuir, battements de lacets, couinements de semelles. Un boucan du diable. Cette nuit j’ai à peine fermé l’œil et dû remettre à l’après-midi la balade initialement prévue dès l’aube. J’ai bien voulu les calmer en les massant avec la graisse qu’elles aiment tant. Rien à cirer. J’ai eu la paix au moment de les chausser.

On a fait une belle balade.

Un printemps pour des jumeaux

C’est une commande qui m’a beaucoup touché. Le cadeau posthume d’une Grand-Mère pour ses petits enfants jumeaux.

Pour “symboliser” les deux frères, j’ai peint le même cerisier en miroir. Ils se ressemblent tout en étant différents dans les détails.

Karl Inglin, huile sur toile, 70 70 cm, p.p. Fribourg

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile, 70 x 70 cm, p.p. Fribourg

Le grand froid

Peindre un paysage hivernal en période de canicule est un plaisir rafraichissant.

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile, 100 x 100cm

Galerie Gulliver, rue des Epouses 8, Fribourg

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile, 100 x 100cm

Au petit matin

Au petit matin, en allant rendre visite aux Edelweiss, j’ai fait de belles rencontres. A commencer par les nombreux Rougequeues noirs, les petits princes du pierrier. Une Marmotte montait la garde, alors qu’au loin un Faucon crécerelle effectuait le vol du Saint-Esprit avant de plonger sur une proie. Un Traquet motteux semblait méditer sur son caillou et les baies du Sureau à grappes brillaient au soleil. Un joyeux trio de Venturons montagnards faisait halte sur un sapelot, de nombreux Papillons et Zigènes virevoltaient à la recherche de nectar et au bas d’un rocher une Araignée attendait patiemment sa proie. Bref, je me suis arrêté tellement souvent pour regarder que j’ai failli oublier les Edelweiss.
Je n’ai par contre pas revu la discrète Bartavelle. Inutile de la chercher. Je sais qu’une éventuelle rencontre sera le fruit du hasard. Et c’est très bien ainsi.

Le Grand Pierrier, Préalpes fribourgeoises.