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Frejima Devant

Au mois de juillet 2016 j’ai passé une nuit sur la crête qui sépare les alpages de Frejima Devant et du Pralet au fond du Petit Mont. En voyant le chalet de Frejima Devant, situé en lisière de la Forêt du Lapé, je m’étais dit qu’il serait merveilleux de pouvoir en disposer pour visiter cette forêt mythique.

Mon rêve s’est réalisé par une immense surprise. En homme généreux, le propriétaire de l’alpage m’a offert l’hospitalité des lieux pour quelques jours. Les miracles existent!

C’est ainsi que durant cinq jours et autant de nuits j’ai pu vivre au rythme de la nature, explorer la Forêt du Lapé, ses alentours et m’offrir en prime une excursion sur la Hochmatt et le fameux lapiaz de In den Löchern.

Frejima Devant et la Forêt du Lapé sont maintenant profondément ancrées dans mon cœur et font partie de mes amours préalpins au même titre que le Breccaschlund, le Vallon des Morteys et le Fochsen.

Le chalet de Frejima Devant, Dent de Ruth et Dent de Savigny

Le petit Mont à l’aube

Comme un paysage d’un Maître chinois

J’ai gravi la montagne muni d’un escabeau et j’ai marché sur la lune

Bain de vapeur pour le Cheval Blanc

Un sanctuaire minéral pour un Épicéa

Lever du soleil

La nuit

En montagne la nuit ne tombe pas.

Elle monte à pas de loup du fond des vallées.

Vorace, elle engloutit tout sur son passage,

Lentement, en prenant tout son temps.

Puis, elle étend son empire

Jusqu’aux plus hautes cimes.

Pour régner quelques heures, sans partage.

 

Les Gastlosen – Frejima Devant, 6 juillet 2017

A la belle étoile

Je suis dans mon sac de couchage. Le sol est dur et mon corps cherche ses marques pour épouser la terre. Dans le pré voisin un renard fait sa tournée et un chevreuil broute tranquillement le long de la lisière. Ils ne me voient pas, je fais partie du décor.

Tout est en place pour le spectacle. Le ciel commence à se colorer au dessus des crêtes du Jura. Jaune soufre d’abord. Après le coucher, les rouges s’installent progressivement jusqu’au brasier final.

La nuit tombe. De longs silences entrecoupés de bruits insolites. Je regarde les étoiles et m’endors.

La Pulsatille du printemps

Un champ de neige à environ 2’000 m d’altitude. Dans ce champ d’une blancheur uniforme, quelques monticules déneigés, comme des ilots de végétation renaissante.

C’est sur ces ilots rocailleux que fleurit la Pulsatille du printemps. La fleur blanche est lavée de bleu et de mauve. Toute la plante est couverte de poils soyeux. Cette pilosité dense protège la Pulsatille des changements de température extrêmes qui règnent au début du printemps à cette altitude.

La Pulsatille du printemps est l’un des nombreux joyaux de notre flore alpine.

Le Silence

C’était un après-midi d’arrière automne au dessus de Combi tout au fond du Breccaschlund. Assis sur une pierre, j’étais complétement enveloppé d’un brouillard épais, ouaté. Le dernier bruit perçu était le battement d’aile d’un oiseau désorienté. Puis plus rien. Le silence absolu.

Difficile de décrire ces moments de solitude silencieuse. Un sentiment d’abandon qui s’est lentement transformé en un bien-être jubilatoire.

Depuis, le chant du silence réparateur d’âme m’obsède. Mon tableau est un hommage à ces instants inoubliables.

Le Silence, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p. Echarlens

Karl Inglin, Le Silence, huile sur toile, 100 x 100 cm, p.p Echarlens

 

 

 

 

Drôle de printemps

J’avais prévu d’aller passer une nuit à Ober Maggenberg début mai. C’est raté. Les nuits sont encore trop fraiches. L’autre matin en arrivant, les champs étaient couverts d’une fine couche de gelée et une brume automnale montait de la Singine. Beau spectacle frisquet.

Puis le printemps a repris ses droits et j’ai eu le plaisir de rencontrer un magnifique Lièvre.

 

La Renardière

La tanière de Maître Goupil se trouve au milieu d’une pente boisée qui domine un chemin forestier. Je suis souvent passé à cet endroit sans rien remarquer. C’est à la fin du mois d’avril que j’ai vu pour la première fois le renard. Il était couché devant sa tanière. Je suis resté un bon moment à l’observer, à lui parler en espérant qu’il bouge un peu. Il n’a pas bronché comme si il voulait me signifier qu’il n’y avait rien d’autre à voir et que pour le spectacle il fallait repasser. C’est ce que j’ai fait vendredi dernier.

A peine arrivé à l’endroit, trois renardeaux sont sortis de la tanière pour rejoindre la place de jeux, un petit replat, qui se trouve à proximité et j’ai eu droit à un long moment de spectacle, de joutes joyeuses et de tendresse. J’ai beaucoup ris et même versé quelques larmes. Puis, fin de récréation, les Goupillons sont rentrés sagement au bercail.

Merci Maître Goupil!