Archive for février, 2012

Dépaysement

Aller des régions arides d’Amérique à celles d’Afrique en passant par les Préalpes fribourgeoises, les Tropiques et la steppe valaisanne est possible sans prendre l’avion et en un temps record. Aujourd’hui j’ai rendu une visite au Jardin botanique de Fribourg. Une envie de voir des fleurs après les rigueurs de l’hiver et me mettre dans une ambiance printanière.

Kalanchoe laxilflora

Maxillaria densa

Begonia xerythrophylla

Eranthis hyemalis - Eranthe d'hiver

Helleborus atrorubens

Cyclamen (?)

Advertisements

Le pouvoir des paysages

“Qui songerait à nier l’irrésistible puissance d’asservissement d’un vaste paysage composé, sur notre regard tout d’abord et, peu à peu, sur tout notre être? Il nous emprisonne lentement comme une symphonie. Le ciel vide, ou devenu pâture des nuages, la terre jusqu’à l’horizon dans sa figure naïve encore ou retouchée de la main des hommes, proposent à notre vue leurs grands thèmes, non point liés à quelques déroulement temporel, mais énoncés tous ensemble dans l’espace, où ils installent pour toujours le paradoxe d’un immuable contrepoint simultané. C’est notre œil qui se meut au long de ces phrases immobiles, pris dans ce piège sans rémission que chaque saison, chaque jour, chaque heure presque charge, comme autant d’appâts nouveaux, de nouvelles harmonies. Et l’âme s’abandonne aux délices de cette captivité savante: elle y découvre, par un autre paradoxe plus étonnant encore, ses propres forces, les plus secrètes, les plus essentielles. Plus que le mot célèbre d’Amiel: Tout paysage est un état d’âme, la phrase de Brûlard-Stendhal me paraît traduire exactement ce mystère: Les paysages étaient comme un archet qui jouait sur mon âme, car elle souligne la parenté profonde de ce pouvoir des paysages avec les puissances de la musique. …”

Gustave Roud, Pouvoirs d’une prairie (Air de la solitude)

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile 100×100 cm (p.p.)

J’ai découvert Gustave Roud grâce au texte que Philippe Mottet-Rio a écrit au sujet de ma peinture. Depuis, ce poète est devenu un fidèle compagnon de route et même un père spirituel. Ses écrits m’inspirent et me réconfortent dans ma démarche de peintre. J’aurais beaucoup aimé connaître Gustave, cheminer à ses côtés en silence ou l’écouter parler des paysages.

Je vous recommande vivement de le lire. Deux de ses livres sont disponibles dans la collection “Poche Suisse” des éditions l’Age d’Homme: “Air de la solitude suivi de Campagne perdue” et “Essai pour un paradis suivi du Petit traité de la marche en plaine”

Pour faire connaissance avec cet écrivain, je vous recommande également le site de l’Association des amis de Gustave Roud: http://www.gustave-roud.ch/Accueil.html


Les bruits du froid

L’autre jour en longeant les bords gelés de la Sarine j’ai entendu les bruits du froid: le crissement de mes  pas sur la neige, le sifflement de la bise et le craquement menaçant des arbres. Et puis, en rendant visite aux grandes orgues de glace qui ornent les falaises, j’ai imaginé un orchestre de verres de cristal pour accompagner le célèbre air de basse du Roi Arthur de Purcell:

What Power art thou,
Who from below,
Hast made me rise,
Unwillingly and slow,
From beds of everlasting snow !

See’st thou not how stiff,
And wondrous old,
Far unfit to bear the bitter cold.

I can scarcely move,
Or draw my breath,
I can scarcely move,
Or draw my breath.

Let me, let me,
Let me, let me,
Freeze again…
Let me, let me,
Freeze again to death !

La Sarine

Les grandes orgues de glace