Le silence

Au début de la balade le brouillard rampait déjà sur les reliefs. Puis, tout au fond du Breccaschlund, il a soudainement tout enveloppé. Et avec le brouillard le silence. Juste le bruit de mes pas et parfois l’envol d’un oiseau surpris par ma présence. Je me suis assis sur une pierre tout seul avec moi-même et j’ai dégusté un long moment et pleinement ce silence parfait et cette solitude complète. En cherchant le sentier pour retourner à la vie j’ai pensé au magnifique texte de Ramuz:

“… Ce fut tout; il s’était tu. Et, à ce moment-là, Séraphin s’étant tu également, on avait senti grandir autour de soi une chose tout à fait inhumaine et à la longue insupportable: le silence. Le silence de la haute montagne, le silence de ces déserts d’hommes, où l’homme n’apparaît que temporairement: alors, pour peu que par hasard il soit silencieux lui-même, on a beau prêter l’oreille, on entend seulement qu’on entend rien. C’était comme si aucune chose n’existait plus nulle part, de nous à l’autre bout du monde, de nous jusqu’au fond du ciel. Rien, le néant, le vide, la perfection du vide; une cessation totale de l’être, comme si le monde n’était pas créé encore, ou ne l’était plus, comme si on était avant le commencement du monde ou bien après la fin du monde. Et l’angoisse se loge dans votre poitrine où il y a comme une main qui se referme autour du cœur.”

C.F. Ramuz, Derborence

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