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L’heure bleue

Vespérale. Lentement le soleil décline. Le silence est absolu. Même les oiseaux sont soudainement muets, comme pétrifiés par la nuit qui s’annonce. Les reliefs et les aspérités de la roche s’estompent. Partout le bleu s’impose. Bleu uniforme qui s’éclaircit sur la distance. Les montagnes si redoutables se transforment en silhouettes aimables. Bientôt le soleil livrera son baroud d’honneur en rosissant le ciel et les cimes.

C’est l’heure que je préfère. Dans ma tête j’entends toujours la même mélodie. Le début du Magnificat de Claudio. Sur mes joues coulent les larmes d’un bonheur parfait. La nuit sera belle.

 


Baldrian / Valériane

Quand je n’arrivai pas a m’endormir, ma Mère me donnait un sucre avec de la valériane. Baldriantropfe, comme elle disait. Je ne sais pas si c’est la douceur du sucre, les vertus de la plante ou le geste maternel qui me calmait. Peut-être les trois à la fois.

Chaque fois que je rencontre cette plante, je me souviens en premier de son nom allemand et j’ai toujours une pensée pour ma Mère.

 

Berg-Baldrian / Valériane des montagnes


Confinement

Ado il m’arrivait de courber l’école pour aller me balader. Cette transgression me procurait un délicieux sentiment de liberté, pimenté par le risque d’une éventuelle punition. Il aura fallu attendre 60 ans pour revivre un semblant d’école buissonnière. Hier j’ai rompu le confinement imposé aux vieux pour me rendre au Grand Pierrier. J’avais trop envie d’une véritable balade, d’un effort physique et surtout de revoir le pierrier endormi sous la neige. Et puis, pour dire vrai, j’en ai marre d’être infantilisé sous prétexte de protection.
Je suis rentré comblé et sainement fatigué. J’ai vu des Marmottes, deux Aigles, une escadrille de Chocards, les infatigables Rougequeues noirs, les Chamois (au loin) et les premières floraisons. Tout le décor est en place pour mes aventures estivales, avec ou sans confinement.


Bientôt

Bientôt j’irai en montagne
Flâner dans les prairies fleuries
Crapahuter dans les pierriers,
Passer la nuit
Confiné dans mon sac de couchage
A même le sol
Pour bien sentir
Mon appartenance à cette terre,
Humer la fraîcheur de la nuit
Admirer le ciel étoilé
Et vivre avec joie
La naissance du jour.


Colline singinoise

C’est une colline singinoise que j’affectionne particulièrement. J’aime dessiner ses contours, puis la «cultiver» en improvisant des champs.

Enfant j’hésitai entre deux rêves: devenir paysan ou jardinier. Par des chemins détournés je les ai réalisé tous les deux. Je peins des paysages et bats la campagne à la rencontre des fleurs.

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile, 100 x 100 cm, disponible

 


Nouveaux petits formats

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile, 40 x 40 cm (disponible)

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Le pierrier – Yannick Conus

Couché dans le pierrier
J’observe le monde
Le bouquetin guerrier
M’offre sa ronde

L’Homme de demain
N’aura plus de choix
Le genre humain
Perdra sa voix

Debout sur le pierrier
J’écoute le monde
Le chamois haut perché
M’offre sa ronde

L’Homme d’hier
Avait le choix
Le genre humain
N’écoute la voix

Allongé sous le pierrier
Je cherche le monde
Le loup retrouvé
Hurle à la ronde

L’Homme est bien loin
Question de choix
Disparus les humains
Triste voix

Devenu le pierrier
Mémoire du monde
La faune décuplée
Danse sa ronde

Yannick m’a dédié ce poème paru dans son recueil « Manger l’écharpe ».
Un cadeau qui m’a beaucoup touché.