Fleurs sauvages

L’éboulis éblouissant

J’avais très envie de rencontrer un jour le Pavot occidental. C’est fait. J’ai même vu tellement de Pavots, que j’avais l’impression d’être un peu «pété». L’émotion sans doute.

Le contraste entre cette fleur gracile que l’on dirait faite de papier de soie chiffonné translucide et la rudesse minérale de son habitat est saisissant. C’est qu’elle pousse exclusivement dans des pierriers. Et comme pour en rajouter une couche, de préférence des éboulis non stabilisés orientés nord-nord-ouest.

Le Pavot occidental est un sous-espèce du Pavot des Alpes. On le trouve essentiellement dans les Préalpes fribourgeoises et vaudoises.


La Pulsatille du printemps

Un champ de neige à environ 2’000 m d’altitude. Dans ce champ d’une blancheur uniforme, quelques monticules déneigés, comme des ilots de végétation renaissante.

C’est sur ces ilots rocailleux que fleurit la Pulsatille du printemps. La fleur blanche est lavée de bleu et de mauve. Toute la plante est couverte de poils soyeux. Cette pilosité dense protège la Pulsatille des changements de température extrêmes qui règnent au début du printemps à cette altitude.

La Pulsatille du printemps est l’un des nombreux joyaux de notre flore alpine.


La Tulipe de Goudebas

Les Goudebas est un site protégé situé à cheval sur la frontière franco-suisse à Les Brenets NE. Pour l’essentiel il s’agit de prés régulièrement inondés où poussent les fameuses Tulipes de Goudebas ou Fritillaires pintades.

Le nom de la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) tire ses origines du latin Fritillus qui signifie «cornet pour jeter les dés» en raison de la forme des fleurs et de meleagris qui signifie «pintade» car ses pétales ressemblent au plumage de la gallinacée..

Le site est inscrit dans l’inventaire fédéral des bas-marais d’importance nationale et abrite la plus importante population de ce magnifique liliacé de Suisse.

Plus haut dans le petit vallon, les arbres mousseux méritent également le détour. On dirait la forêt des sortilèges. Ambiance impressionniste 02 03 04 05 06 07


Paradisie

J’ai fini par trouver le Lis de Saint-Bruno ou Paradisie tout à fait par hasard au Fochsen. Quel bonheur! Puis, quelques jours plus tard j’ai visité la station que m’avait indiqué un berger l’année dernière. Des centaines de lis, un véritable « gisement ».

Par la suite j’ai trouvé un deuxième « gisement » tout au fond du Breccaschlund. Dans les deux cas il s’agit de près en assez forte pente, parsemés de petits rochers et donc inaccessible au bétail.

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La déesse des bois

Vers la fin du mois de juin j’ai rendu visite aux Sabots de Vénus, véritables déesses des bois. Cette station documentée dès le début du 20ème siècle se trouve sur le territoire de la commune de Charmey. La forêt magique qui abrite ces merveilles est située à l’écart des chemins pédestres. C’est peut-être pour cette raison que ces fleurs existent toujours. Les Sabots de Vénus y fleurissent en compagnie de la Racine de corail, une petite orchidée très discrète, et de la Pyrole à une fleur.

Sabots de Vénus

Sabots de Vénus

Racine de corail

Racine de corail

Pyrole à une fleur

Pyrole à une fleur

Sabot de Vénus

Sabot de Vénus

 

 


Edelweiss

A elle toute seule cette fleur mythique symbolise les Alpes. Elle devait donc absolument figurer dans ma galerie de la flore du Lac-Noir. Encore fallait-il la trouver.

L’autre jour au sommet de la Fochsenflueh, un homme qui était monté depuis le Breccaschlund, m’a montré des photos d’Edelweiss prises juste en dessous du sommet. Sa description des lieux m’a fait renoncer d’y aller. Vertige oblige.

En redescendant vers Euschels je me suis souvenu d’un endroit où j’allais peut-être trouver mon bonheur. Bingo! Ce n’est pas deux ou trois Edelweiss que j’ai trouvé, mais un véritable nid d’environ une centaine de fleurs. J’ai poussé une youtze de joie, prestation vocale immédiatement sanctionnée par les sifflets des Marmottes du coin.

Entre ciel et rocher (Fochsen)

Entre ciel et rocher (Fochsen)

Edelweiss

Edelweiss

Edelweiss

Edelweiss

Edelweiss

Edelweiss


L’Orchis bouffon

Autrefois l’Orchis bouffon était l’espèce d’orchidées la plus fréquente. Aujourd’hui elle a disparu régionalement et l’espèce est menacée. Au-dessus du village de Montbovon il existe encore une très belle population.

Dimanche j’ai profité d’un moment de beau temps pour leur rendre visite. Drôle de journée de printemps avec une fine couche de neige fraiche sur les flancs des montagnes. Le wagon du train entre Bulle et Montbovon était chauffé. C’est tout dire.

En rentrant j’ai fait une halte à Enney pour rendre une petite visite aux Primevères farineuses.

Drôle de printemps (Montbovon)

Drôle de printemps (Montbovon)

Orchis bouffon

Orchis bouffon

Orchis bouffon

Orchis bouffon

Primevère farineuse

Primevère farineuse

Drôle de printemps (Enney)

Drôle de printemps (Enney)


Le Ficaire

Les Ficaires ouvrent le grand bal des floraisons dans les sous-bois. On dirait des étoiles dorées et luisantes dans un ciel de feuilles mortes. Le Ficaire tient son nom de ses bulbes en forme de Figue. Bienfaiteur, sa racine toxique soigne les hémorroïdes.

Chaque année, l’apparition des Ficaires me procure une immense joie de vivre et immanquablement, chaque année, Figue, Ficaire, ficcar obligent, je fredonne le dernier couplet d’un madrigal qui me rappelle le printemps:

Se ti mi foller bene, mi non esser poltron,
Mi ficcar tutta notte urtar, urtar, urtar come monton,
Don don don, diri diri, don don don don

Orlando di Lasso, Matona, mia cara

Karl Inglin - Ficaire

Karl Inglin - Ficaire


Image

Témérité ou insouciance?

Karl Inglin - Perce-neige


La première fleur

Aujourd’hui j’ai trouvé ma première fleur de l’année au pied d’un jeune marronnier de la place du Marché-aux-Poissons. Une Véronique de Perse. Un nom de reine pour une toute petite fleur.

Karl Inglin - Véronique de Perse


Mémoire olfactive

Selon les spécialistes, la mémoire olfactive est la meilleure. Des études ont mené au constat qu’une odeur reste enregistrée pour toute la vie.

En 1956 j’avais 9 ans. Avec la crise provoquée par la nationalisation du Canal de Suez et l’invasion de la Hongrie par les chars soviétiques, c’était l’année de tous les dangers. Le soir, en écoutant les nouvelles à la radio, mes parents cachaient difficilement leur inquiétude.

A l’école on nous avait demandé de préparer un paquet pour un enfant hongrois. Quelques temps plus tard j’avais reçu une lettre de remerciement d’une jeune hongroise. Le pli contenait une fleur rouge séchée qui dégageait un parfum particulier.

L’été dernier, en mettant mon nez sur une gentiane pourpre, toute cette histoire m’est revenue en mémoire. Pour cette fois les spécialistes semblent avoir raison.

Gentiane pourpre

Gentiane pourpre


L’Orchis à deux feuilles

« Quel abîme entre les orchis des prairies humides, congestionnés, trapus – le tacheté, le militaire – et cet orchis exsangue des forêts! Des forêts? Non point, mais de la Forêt magique de jadis qu’il suffit à susciter par le seul sortilège de ses ressemblances: quenouille et fuseau de la Belle au Bois, secrète pâture des licornes, sceptre du Roi des aulnes, soie fripée et parfum des fiancées trahies en fuite vers l’étang fatal… »

GUSTAVE ROUD – L’orchis à deux feuilles (extrait) – LES FLEURS ET LES SAISONS – Éditions La Dogana

Orchis à deux feuilles

Orchis à deux feuilles


L’Ophrys bourdon

Juste au dessus du village de Champagne il est une forêt du nom de Grand Bois. C’est l’un de mes paradis floristiques. J’y ai trouvé treize espèces d’orchidées différentes dont l’Ophrys bourdon. Ces fleurs ont l’aspect d’un insecte. Elles attirent ainsi les abeilles sauvages pour se faire polliniser. Malin les fleurs.

A noter qu’à Champagne on ne fauche pas inutilement les bords des routes et des chemins au nom du « propre en ordre ». Ainsi une multitude d’orchidées fleurissent tout au long de la route qui traverse le Grand Bois.


L’Orchis bouc

Cette orchidée est une des plantes les plus spectaculaires de notre flore indigène. Ses fleurs verdâtres bordées de pourpre et surtout ses lanières torsadées lui donnent un aspect exotique. Elle s’appelle également Orchis à odeur de bouc en référence à son odeur.  Réputation quelque peu surfaite. Si vous avez déjà été en présence d’un vrai bouc en rut, vous allez être déçu.

C’est une fleur assez rare. En Suisse elle pousse uniquement dans le Jura et en Valais. Les fleurs que je visite chaque année au mois de mai se trouvent près d`Yverdon.


Le Cyclamen pourpre

En avançant dans la forêt en forte pente il faut faire attention où l’on pose les pieds pour ne pas les écraser. Heureusement qu’ils sont pourpres. Puis il faut se mettre à plat-ventre pour humer leur parfum subtil. C’est moins évident que pour le thym et la menthe qui fleurissent tout au long du chemin qui mène à La Léchire. C’est ici, au-dessus de Enney, l’un des derniers endroits où fleurissent ces petites merveilles. Il paraît que dans le temps il-y-en avait même à Fribourg, du côté du Sonnenberg.

Au loin j’entends psalmodier un prêtre. Il semble avoir l’accent du terroir bien marqué. C’est une messe en plein air. En m’approchant je constate ma méprise. Le curé est africain. Du coup je me souviens du petit personnage sur le pupitre du maitre à l’école primaire. Quand on glissait une piécette dans la fente, le personnage baissait la tête en signe de remerciement. Aujourd’hui ce sont des curés africains qui disent la messe en Gruyère. On peut appeler cela un retour sur investissement.

Au marais plus d’orchidées. C’est déjà fini le temps des floraisons. Par contre les corolles blanches des Parnassies des marais, autre chef-d’œuvre de la nature.

Sur le chemin qui mène aux Marches je croise des hordes de cyclistes, de coureurs et de dames qui marchent avec des bâtons. Je suis le seul bipède qui marche normalement. C’est fou ce que les gens ont besoin d’artifices pour se promener un beau jour d’été. J’évite les Marches et sa foule des grands jours mais je ne peux m’empêcher de chantonner le Nouthra Dona di Maortsè.

Cyclamen pourpre

Cyclamen pourpre

Cyclamen pourpre

Enney

Parnassie des marais

Enney


Des orchidées

C’est un ami qui m’a informé de la présence d’un assez grand nombre d’orchidées à Tinterin. J’ai profité d’une journée grillade en famille au bord de la Gérine pour leur rendre visite. Imaginez une route qui traverse une forêt. Sur le bord de cette route et dans la forêt en assez forte pente une bonne cinquantaine de Céphalanthères rouges (je préfère le nom allemand  » Rotes Waldvögelein ») et autant de Epipactis pourpres noirâtres. Une pure merveille.

Céphalanthère rouge

Epipactis pourpre noirâtre

Saxifrage des ruisseaux


Parfum de tilleul

Rendez-vous sous un tilleul. Respirez profondément. Écoutez le bourdonnement des insectes. La vie est belle.


La Fraise des bois et la Belladone

Croquer une fraise des bois est l’un des petits plaisirs de l’été. Elles n’ont pas toutes le même goût. J’ignore si cela tient à la qualité du sol ou à l’ensoleillement. Celles que j’ai dégusté aujourd’hui étaient très parfumées. Un vrai régal.

Juste en face des fraisiers, de l’autre côté du chemin, la Belladone. L’Atropa belladonna tient son nom d’Atropa, celle qui coupait le fil de la vie et de « belle dame » . Sa baie est hautement toxique. Autrefois les femmes appliquaient le suc de ce fruit sur les yeux pour en dilater la pupille et rendre le regard plus brillant, plus « sexy ».


Les fleurs de mon quartier

Pour agrémenter mes promenades quotidiennes avec Pif le chien, j’ai décidé de constituer un herbier photographique de la flore de mon quartier. J’ai défini une zone qui comporte une partie urbaine avec ses pavés et murs, des prairies grasses et maigres, des forêts, des bords de chemins, des terrains en friche et la bordure d’une voie de chemin de fer.

En plus du plaisir des découvertes, j’exerce mon sens de l’observation, je fait travailler ma mémoire (c’est bénéfique à mon age), je fait de la photo et lorsque je ne connais pas la fleur, un travail de recherche. Que du bonheur!

Aujourd’hui j’ai mis ma 164ème fleur dans ma galerie: http://www.pbase.com/promeneur/flore_du_bourg

Ail des vignes

Campanule à feuilles rondes

Morelle douce-amère

Œillet des Chartreux

Petite pimprenelle


Les Dames d’onze heures de l’Auberge aux 4 Vents

Ne vous attendez pas de rencontrer des dames de petite vertu à l’enseigne des 4 Vents. Les Dames d’onze heures ou Ornithogales en ombelle sont des liliacées magnifiques de pureté blanche et assez rares. Elles fleurissent actuellement dans un pré de l’Auberge.

J’aime beaucoup les 4 Vents. Ils ont la délicatesse de ne pas faucher les prés pendant la période de floraison. D’où une grande variété de fleurs sauvages et de fleurs autrefois cultivées et qui poussent maintenant d’une manière subspontanée. C’est un véritable paradis.

En plus des Dames toutes blanches fleurissent ces jours des Ancolies et  des Géraniums bruns en grande quantité. Autre fleur rare, le Géranium brun provient certainement du talus de la voie de chemin de fer toute proche où il est arrivé en prenant le train. Les fleurs voyagent.

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas l’Auberge aux 4 Vents, c’est un endroit magique à découvrir absolument:

http://www.aux4vents.ch/

Dame d’onze heures

Géranium brun

Ancolie commune


Fleur de pavé

J’ai trouvé une fleur qui manquait dans mon herbier à deux pas de chez moi. Elle pousse coincée entre un pavé et le pied d’un mur au beau milieu du quartier du Bourg. C’est l’Oxalis corniculé. Elle est assez rare. J’aime bien le jaune lumineux de sa fleur et ses feuilles en forme de cœur.

Les rues pavées et les vieux murs de la ville sont un refuge pour beaucoup de plantes et contribuent grandement à la biodiversité. Malheureusement à Fribourg on n’aime pas trop ce joyeux désordre et ces plantes sont régulièrement bousillées au nom du propre en ordre par les soins des services communaux.

Oxalis corniculé


Drame de la jalousie

Anémone était la plus belle des nymphes à la cour de la déesse Flore, l’épouse de Zéphyr et maîtresse des fleurs. Les vents Borée et Zéphyr se disputaient le cœur de la belle. Flore surprit Zéphyr et Anémone dans leurs ébats et furieuse elle chassa la nymphe au bout du monde. Mais son parfum était si fort que Zéphyr la retrouva. Blessée dans son amour propre, Flore transforma la nymphe en fleur et lui ôta tout parfum pour que son époux ne la retrouve plus. Ainsi soustraite au souffle doux de Zéphyr, Anémone fut à jamais livrée aux brutalités de Borée, le terrible vent du nord. Ne parvenant pas à obtenir ses faveurs, celui-ci la rudoie sans cesse.

(mythologie grecque)


L’Adonis des Follatères

J’ai rendu visite à l’Adonis du printemps aux Follatères. Cette fleur magnifique tient son nom de la Mythologie tout comme l’Anémone ou la Jacinthe. Ces histoires merveilleuses contées dans les Métamorphoses d’Ovide.

Les Follatères sont une réserve d’importance nationale au dessus de Branson, juste en face de Martigny. Ici pas besoin de chercher les fleurs. Elles s’étalent des deux côtés des nombreux sentiers. Hier j’ai vu des tapis de Violettes, de Corydales, d’Hépatiques, de Pulsatilles et de Muscaris. D’autres fleurs plus rares comme la Violette blanches ou la Gagée velue complètent ce décor richement coloré.

A la fin de ma promenade j’ai voulu revoir mon arbre fétiche des lieux. En m’approchant par le sentier « des visions célestes » j’avais un mauvais pré-sentiment. Avec raison. Mon copain n’a pas survécu aux tempêtes hivernales et il ne reste plus qu’un moignon de tronc. Pour lui rendre hommage j’ai ajouté une photo « brumeuse » prise l’année dernière.

Adonis du printemps

Adonis du printemps

Pulsatille des montagnes

Figuier d’Inde

Corydale

Gagée velue

Violette blanche

Les Follatères


Du bleu dans les sous-bois

C’est le printemps et mon carnet de rendez-vous commence a se remplir. Depuis le temps que j’arpente ce que j’appelle mes jardins, je sais quand et où je vais rencontrer telle ou telle fleur. C’est comme pour des rendez-vous galants. Une grande impatience en y allant et une immense joie au moment de la rencontre.

Je ne suis pas botaniste. Je suis peintre. Ce que m’attire chez les fleurs, ce sont les formes et les couleurs. Des formes d’une belle simplicité aux proportions parfaites et des couleurs d’une grande variété et pureté. Aujourd’hui j’avais rendez-vous avec les bleus dans les sous-bois.

La première fleur n’est pas vraiment une habituée des sous-bois. Le Muscari à grappe est une liliacée des prés et vignobles. Les fleurs qui colonisent le sous-bois d’une forêt en forte pente du côté de Grandfey proviennent certainement d’un jardin voisin. C’est une sorte de retour à la nature.

Sous le nom barbare de Hépatique à trois lobes se cache l’une des plus belle fleur de nos forêts. Je préfère son nom allemand: Leberblümchen. C’est la feuille à trois lobes qui a donné son nom à la fleur par analogie des trois lobes du foie (Hépat, élément tiré du grec hêpar, hêpatos et qui signifie “foie”). Elle s’appelle également Anémone hépatique, Herbe de la Trinité ou Herbe du foie. Autrefois elle était utilisée pour soigner les maladies du foie.

Encore une fleur qui tient son nom de l’anatomie humaine: la Pulmonaire. Ses fleurs sont bleues, violettes ou lilas rougeâtre. C’est également une plante médicinale et ses feuilles peuvent être consommées crues ou cuites.

Muscari-à-grappe

Muscari à grappe

Méuscari à grappe

Muscari à grappe

Hépatique à trois lobes

Hépatique à trois lobes

Pulmonaire

Pulmonaire