Balades

Errer dans le brouillard

Pour arriver chez l’If Pummel, qui entre dans sa cinq cent énième année de vie, pas de souci. Je connais le chemin. Puis, pour gagner de l’altitude, non plus. Des fragments de paysage émergeaient du brouillard comme des révélations photographiques en chambre grise. Arrivé au sommet de la colline le ciel était dégagé, légèrement brumeux et j’ai pu assister à un lever du soleil dans une ambiance pastel. Douceur de vivre.

Sur le plateau qui  longe la crête, le soleil et le brouillard s’amusaient a se chasser. Tantôt l’un l’emportait, tantôt l’autre.

Les choses se sont gâtées à partir du village suivant. Le brouillard de plus en plus dense m’empêchait de reconnaître mes repères habituels et je me suis trompé de direction. Déboussolé, j’avais l’impression de tourner en rond et me suis senti tout petit et vulnérable dans un paysage devenu soudainement hostile.

Alors, après une longue pause, j’ai fait confiance à ma boussole intérieure, j’ai piqué à travers champs pour arriver à bon port. A l’arrivée un disque pâle a fait une brève apparition dans le ciel brumeux comme pour me narguer.

Balade entre Ueberstorf et Heitenried en passant par Albigen et je ne sais pas trop où.

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Petite musique des Bois

Le murmure glacial de la rivière,

basse continue sur laquelle interviennent les solistes.

Le cri rageur du geai.

Silence.

Le craquement sec d’une branche.

Silence.

L’aboiement rauque du chevreuil.

Silence.

Les battements d’ailes affolés du merle.

Silence.

Le bourdonnement obsessionnel de l’insecte.

Silence.

Appuyé contre le tronc d’un hêtre j’écoute,

en silence.


Balades d’octobre

Le mois d’octobre touche à sa fin. Un mois magnifique pour se balader. Ober Maggenberg, Galteren, La Spielmannda et même une nuit sur les crêtes du Schwyberg avec la visite d’un Tétras lyre à l’aube, un superbe cadeau.


Nuit de pleine lune à Ober-Maggenberg

J’ai repassé une nuit à Ober-Maggenberg, au Schwenihubel. Une nuit de rêves entre un coucher de Soleil et un coucher de Lune. A la lumière du soir et de l’aube les paysages sont magnifiques.

A chacun de mes passages j’observe le chamois et/ou le chevreuil. Mais je n’ai jamais vu les deux ensemble au même endroit au même moment. C’est fait!
Dommage, le renard venait de passer…

Le soir. Comme des tapis posés sur la terre.

Le coucher du Soleil

Le coucher de la Lune

Au petit matin les couleurs sont en fête.

Rencontre entre Chamois et Chevreuil

Rencontre entre Chamois et Chevreuil


Frejima Devant

Au mois de juillet 2016 j’ai passé une nuit sur la crête qui sépare les alpages de Frejima Devant et du Pralet au fond du Petit Mont. En voyant le chalet de Frejima Devant, situé en lisière de la Forêt du Lapé, je m’étais dit qu’il serait merveilleux de pouvoir en disposer pour visiter cette forêt mythique.

Mon rêve s’est réalisé par une immense surprise. En homme généreux, le propriétaire de l’alpage m’a offert l’hospitalité des lieux pour quelques jours. Les miracles existent!

C’est ainsi que durant cinq jours et autant de nuits j’ai pu vivre au rythme de la nature, explorer la Forêt du Lapé, ses alentours et m’offrir en prime une excursion sur la Hochmatt et le fameux lapiaz de In den Löchern.

Frejima Devant et la Forêt du Lapé sont maintenant profondément ancrées dans mon cœur et font partie de mes amours préalpins au même titre que le Breccaschlund, le Vallon des Morteys et le Fochsen.

Le chalet de Frejima Devant, Dent de Ruth et Dent de Savigny

Le petit Mont à l’aube

Comme un paysage d’un Maître chinois

J’ai gravi la montagne muni d’un escabeau et j’ai marché sur la lune

Bain de vapeur pour le Cheval Blanc

Un sanctuaire minéral pour un Épicéa

Lever du soleil


La nuit

En montagne la nuit ne tombe pas.

Elle monte à pas de loup du fond des vallées.

Vorace, elle engloutit tout sur son passage,

Lentement, en prenant tout son temps.

Puis, elle étend son empire

Jusqu’aux plus hautes cimes.

Pour régner quelques heures, sans partage.

 

Les Gastlosen – Frejima Devant, 6 juillet 2017


A la belle étoile

Je suis dans mon sac de couchage. Le sol est dur et mon corps cherche ses marques pour épouser la terre. Dans le pré voisin un renard fait sa tournée et un chevreuil broute tranquillement le long de la lisière. Ils ne me voient pas, je fais partie du décor.

Tout est en place pour le spectacle. Le ciel commence à se colorer au dessus des crêtes du Jura. Jaune soufre d’abord. Après le coucher, les rouges s’installent progressivement jusqu’au brasier final.

La nuit tombe. De longs silences entrecoupés de bruits insolites. Je regarde les étoiles et m’endors.