Coup de coeur ou de gueule

Baldrian / Valériane

Quand je n’arrivai pas a m’endormir, ma Mère me donnait un sucre avec de la valériane. Baldriantropfe, comme elle disait. Je ne sais pas si c’est la douceur du sucre, les vertus de la plante ou le geste maternel qui me calmait. Peut-être les trois à la fois.

Chaque fois que je rencontre cette plante, je me souviens en premier de son nom allemand et j’ai toujours une pensée pour ma Mère.

 

Berg-Baldrian / Valériane des montagnes

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Le pierrier – Yannick Conus

Couché dans le pierrier
J’observe le monde
Le bouquetin guerrier
M’offre sa ronde

L’Homme de demain
N’aura plus de choix
Le genre humain
Perdra sa voix

Debout sur le pierrier
J’écoute le monde
Le chamois haut perché
M’offre sa ronde

L’Homme d’hier
Avait le choix
Le genre humain
N’écoute la voix

Allongé sous le pierrier
Je cherche le monde
Le loup retrouvé
Hurle à la ronde

L’Homme est bien loin
Question de choix
Disparus les humains
Triste voix

Devenu le pierrier
Mémoire du monde
La faune décuplée
Danse sa ronde

Yannick m’a dédié ce poème paru dans son recueil « Manger l’écharpe ».
Un cadeau qui m’a beaucoup touché.


Bölletünne

Résoudre le mot croisé dans mon journal préféré est un plaisir quotidien. C’est bon pour la tête et parfois je fait de belles découvertes. L’autre jour elle était culinaire.

Spécialité culinaire du nord-est de la Suisse en 10 lettres. Je n’avais pas trouvé, il me manquait 2 lettres. Un peu vexé et curieux, j’ai fait une recherche. C’est une tarte aux oignions et lardons parfumée au cumin et noix de muscade. Avec la crème et les œufs c’est costaud comme un Schaffhousois, idéal pour un soir de novembre frisquet.

J’ai également appris qu’à Schaffhouse l’oignon s’appelle Bölle et la tarte Tünne.

Si ce plat vous tente, voici la recette: https://www.bourse-des-voyages.com/suisse/guide-culture-recettes-la-bolletunne.php


Les jeux d’enfants

Je me souviens avec délice des jeudis. Ces longues journées que l’on passait entre enfants, sans adultes, sans moniteurs ou autres «guides». Sur des places de jeu ou des terrains vagues que l’on explorait munis de bouts de ficelles, bouts de bois et quelques clous. Heureuse époque des cabanes, découvertes et des genoux et coudes éraflés.

Les filles jouaient à des jeux de filles et les garçons à des jeux de garçons. Et alors? Pour l’essentiel tout le monde jouait ensemble: balle au camp, balle piquée, zéna (toutes les variantes), cache-cache, gendarme et voleur, jeu de piste…

Maintenant les places de jeu sont suréquipées d’engins sécurisés qui tuent dans l’œuf toute tentative de créativité. Ce n’est pas tout. Aux dernières nouvelles les autorités publiques désirent dicter aux enfants à quoi et avec qui ils doivent jouer.

Cela ne m’inquiète pas, cela me fait peur. Le fascisme c’est la porte à côté.

Que l’on cesse avec ces conneries de genres. Que l’on éduque les enfants au respect de l’autre et pour le reste, que l’on leur laisse la liberté de vivre pleinement le monde merveilleux de l’enfance.

Pieter Brueghel, Les Jeux d’enfants, 1560


Frejima Devant

Au mois de juillet 2016 j’ai passé une nuit sur la crête qui sépare les alpages de Frejima Devant et du Pralet au fond du Petit Mont. En voyant le chalet de Frejima Devant, situé en lisière de la Forêt du Lapé, je m’étais dit qu’il serait merveilleux de pouvoir en disposer pour visiter cette forêt mythique.

Mon rêve s’est réalisé par une immense surprise. En homme généreux, le propriétaire de l’alpage m’a offert l’hospitalité des lieux pour quelques jours. Les miracles existent!

C’est ainsi que durant cinq jours et autant de nuits j’ai pu vivre au rythme de la nature, explorer la Forêt du Lapé, ses alentours et m’offrir en prime une excursion sur la Hochmatt et le fameux lapiaz de In den Löchern.

Frejima Devant et la Forêt du Lapé sont maintenant profondément ancrées dans mon cœur et font partie de mes amours préalpins au même titre que le Breccaschlund, le Vallon des Morteys et le Fochsen.

Le chalet de Frejima Devant, Dent de Ruth et Dent de Savigny

Le petit Mont à l’aube

Comme un paysage d’un Maître chinois

J’ai gravi la montagne muni d’un escabeau et j’ai marché sur la lune

Bain de vapeur pour le Cheval Blanc

Un sanctuaire minéral pour un Épicéa

Lever du soleil


Le congé

L’autre jour un employé de la Poste m’a dit qu’il était convoqué pour recevoir son congé. Me suis souvenu de ma propre mise à pied à 50 ans après plus de 20 ans de service. J’avais reçu le coup de pied au cul d’un « secrétaire général » qui, mis à part de grosses notes de frais, n’apportait rien à l’entreprise. Il ne connaissait même pas les termes de mon contrat. Le mépris total.
Depuis je galère régulièrement dans l’incertitude du lendemain. Heureusement que j’ai la peinture. Hier j’ai commencé deux nouveaux tableaux. Allez, au boulot! que ma joie demeure….


La Vallée du Gottéron

En parcourant la Vallée du Gottéron je me suis souvenu avec nostalgie du temps de mon enfance. La vallée était un espace d’aventure, de découverte et de rêve pour des générations de joyeuses bandes de copains. C’était notre Brocéliande, notre Ile aux Trésors, notre école buissonnière. Le soir je rentrai bien crotté en exhibant fièrement mes petits bobos d’explorateur. C’est dans cet espace de liberté que j’ai appris a observer, respecter et aimer la Nature, que j’ai développé mon imaginaire, ma créativité.

Désormais la vallée est en grande partie défigurée par des escaliers et des ponts surdimensionnés et hideux. Un véritable cas d’école de la dérive sécuritaire de l’homme moderne qui voudrait éliminer le moindre risque et rendre la Nature accessible aux talons-aiguilles.

Seule consolation: à plusieurs endroits j’ai observé des coulées et éboulements qui remettent la Nature à sa juste place. Coulées et éboulements qui vont poursuivre la lente reconquête, inexorablement.

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Mon arrière-grand-père et le Gotthard.

Sur cette photo mon arrière-grand-père Franz Josef Alois Inglin (02.03.1831 – 14.04.1894) pose au milieu de sa famille. Ses fils (de g. à d.) Emil, Josef, Gottfried Jakob, Franz, Johann et Dominik Gaspard ainsi que sa deuxième épouse Karolina et leur fille Marie. Sa première épouse Anna Catharina était décédée à la naissance de mon grand-père Dominik Gaspard.

Originaire de Sattel (SZ), mon arrière-grand-père habitait Altdorf au lieu dit Lehn, proche de la route qui mène au col mythique. Charretier et charron de profession, il possédait une entreprise qui transportait des marchandises par le col du Gotthard. Après la mise en service de la ligne de chemin de fer du Gotthard en 1882, son entreprise a fait faillite.

Ce n’est pas pour «venger» mon arrière-grand-père que je dis non au deuxième tube du Gotthard qui serait en fait déjà le cinquième. C’est pour éviter une dépense inutile de 3 milliards de francs et pour que notre Gouvernement et Parlement respectent enfin l’article constitutionnel sur la Protection des Alpes et cessent d’imaginer des projets pharaoniques inspirés par les lobbystes de la construction.

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Le Bourg en Fête

Du 3 au 6 septembre 2015 le quartier du Bourg sera en Fête. Le Festival « Bourg en Scène » va investir notre joli quartier et ses endroits les plus bucoliques pour y créer des spectacles de danse, de théâtre, de théâtre dansé… et des concerts!

L’Association « Trésors du Bourg » organise sa traditionnelle Chasse aux Trésors qui vous permet de rencontrer les artisans, artistes et galeristes du quartier et de gagner de nombreux prix. Cette Chasse aura lieu le 4 septembre de 14h à 20h et le 5 septembre de 10h à16h.

Vous pouvez également visiter la Cathédrale en compagnie de Claude Ducarroz, prévôt du Chapitre cathédral, assister à la Journée Caritas Fribourg en famille ou tester vos compétences vocales au Café du Tunnel.

Tous les détails sur ce lien: https://frbourg.wordpress.com/le-bourg-en-fete-2015/

ou sur le site de Bourg en Scène: http://bourg-en-scene.ch/fr/

BIENVENU ET BONNE FÊTE!

Affiche cor. - Copie


Immigration

L’Edelweiss est une immigrée. Originaire de l’Himalaya et de Sibérie elle a «émigré» en Suisse après les glaciations quaternaires. Maintenant c’est une fleur « bien de chez nous ». Elle orne même le fameux bredzon gruyérien.
Nos ancêtres aussi sont venus après les glaciations. Nous sommes tous des descendants d’immigrés.

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Aujourd’hui je suis Grec

Aujourd’hui je suis Grec. Je suis Grec par solidarité avec un peuple qui souffre depuis des années de l’austérité imposée par des technocrates de la finance. Le simple fait que des enfants meurent faute de soins est un immense scandale.
L’Europe était une idée merveilleuse tant qu’elle était portée par des chefs d’état avec une dimension humaniste. Maintenant elle est dirigée par des politicards sans envergure, sans visions et incapables d’imaginer une Europe véritablement démocratique et solidaire.

grec


Trois femmes et un enfant

En prenant ma photo j’ai eu un vague sentiment de déjà-vu. Je ne me suis pas trompé. Bien qu’a l’époque de Giovanni Bellini le portable n’existait pas et que l’on n’emmaillote plus les enfants de nos jours, il y a entre les deux images d’étonnantes similitudes au niveau de l’habillement et de l’attitude des trois femmes. Et puis il y a le contexte religieux, chrétien chez Giovanni Bellini et musulman pour la photo.

Ainsi, certains codes vestimentaires qui nous semblent exotiques et qui font débat étaient également utilisés sous nos latitudes bien au-delà du 15ème siècle. On peut le constater en parcourant l’histoire de la mode et de la peinture occidentale.

Présentation de Jésus au temple, Venise 1470 (détail)

Rupture du Ramadan, Fribourg 2015

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Froid dans le dos

Quand j’avais vu ce champ ocre en avril dernier, je l’avais vu avec l’œil du peintre, sans trop me poser de questions. Depuis j’ai vu beaucoup de ces champs et je sais que c’est le résultat d’un traitement aux désherbants.

Ce que m’a expliqué un ami cet après-midi est pire encore. Ces traitements sont encouragées et subventionnées par l’État.

Si j’ai bien compris, l’État finance d’une part des mesurettes pour promouvoir la biodiversité tout en la détruisant par d’autres mesures bien plus efficaces. Cela me donne froid dans le dos.

Braves gens (et contribuables), réveillez-vous!

PS: l’ami en question est scientifique et de part sa fonction « payé » pour savoir de quoi il parle.

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Un rêve d’enfant

Enfant je passai parfois mes vacances d’été au Lac Noir et cette petite ferme me faisait rêver. Depuis l’arbre a bien grandi, les escaliers à vaches sont encore mieux marquées et ma fascination est toujours la même.

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Rondeur des jours

« Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n’ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts: la flèche, la route, la course de l’homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques: le soleil, le monde, Dieu. La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c’est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu’à toute les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. »

Jean Giono, Rondeurs des jours (extrait), L’Imaginaire Gallimard

nuit


Le chemin

« Chemin: bande de terre sur laquelle on marche à pied. La route se distingue du chemin non seulement parce qu’on la parcourt en voiture, mais en ce qu’elle est une simple ligne reliant un point à un autre. La route n’a par elle-même aucun sens; seuls en ont un les points qu’elle relie. Le chemin est un hommage à l’espace. Chaque tronçon du chemin est en lui-même doté d’un sens et nous invite à la halte. La route est une triomphale dévalorisation de l’espace, qui aujourd’hui n’est plus rien d’autre qu’une entrave aux mouvements de l’homme, une perte de temps. »

Milan Kundera, L’Immortalité

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile 100 x 100 cm, p.p. Zürich

Karl Inglin, Paysage, huile sur toile 100 x 100 cm, p.p. Zürich


Recette pour remettre les choses bien en place après une balade hivernale

Cuire à la vapeur 5 pommes de terre coupées en rondelles et 4 chicons.
Faire revenir 3 oignons et des lardons.
Disposer dans un plat à gratiner:
une couche de rondelles de p-d-t
une couche de feuilles de chicons
les oignons mélangés aux lardons
du vacherin et un peu de crème
une couche de rondelles de p-d-t
une couche de feuilles de chicons
du vacherin et parmesan râpé.
1/2 heure au four.
Avec une bière c’est parfait!

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Le mal et la beauté

« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voir provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre, la beauté. »
François Cheng, Cinq méditations sur la beauté

Räsch Düdingen/Guin

Räsch Düdingen/Guin


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L’arbre

L’arbre sommeille dans son champ ne neige. Bientôt il va feuillir, fleurir et puis porter des fruits.

Pour la nouvelle année je vous souhaite le repos réparateur de l’hiver, les tendresses du printemps, les joies de l’été et la plénitude de l’automne.

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Gris

Tout ce qu’il y a

Comme gris dans l’hiver,

Toutes ces espèces de gris,

Tout ce qui va

Du presque blanc parfois de certains coins de ciel

Au plus foncé des terres, des lointains, des nuages.

Tous ces gris sont encore

Pour le monde un moyen

De s’essayer semblable

A qui se croit heureux

De n’avoir pas en lui

Plus que des déchirures,

Et qui toujours espère

Se voir sans trop d’effort

Remodelé bientôt

Sur son noyau de joie.

Guillevic. De l’hiver (extrait)

Gris


Lever du jour

C’était aux aurores du 11 décembre dernier. En regardant par la fenêtre du côté du levant j’ai eu la certitude que le ciel allait s’enflammer. Je me suis habillé en vitesse pour aller assister au spectacle. Somptueux!

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Fribourg


The Hilliard

C’était à la Tonhalle de Zürich. Certainement l’un des premiers concerts de cet ensemble en Suisse. Ils chantaient le Lamentations de Jérémie de Thomas Tallis. La sobriété et beauté des voix, la justesse des intonations et des accords m’avaient littéralement scotché sur mon siège. Un des touts grands frissons de ma vie.

Fin décembre The Hilliard donnera son dernier concert à Londres. Merci les artistes.


Silence!

La combe au dessus de l’alpage du Fochsen est un endroit particulièrement sauvage et silencieux. Il m’arrive d’entendre le battement d’ailes des papillons. Assis sur un bloc de pierre j’ai dans les narines le parfum subtil du Bois-gentil. Un chamois fait l’acrobate et les marmottes vaquent tranquillement à leurs affaires. Le paradis. Jusqu’à l’arrivée bruyante de deux commères bavardes. Sifflet strident d’une marmotte et fuite du chamois. Le charme est rompu. Ces endroits sont comme une cathédrale romane: on regarde, on s’émerveille, on médite ou l’on prie, mais surtout, on se tait.

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